Le puits de Raimu, la ferme d’Angèle, la maison de Panturle… Ce sont les noms de Pagnol et Giono qui raisonnent à nos oreilles. Pourtant tous ces "illustres" personnages provençaux n’ont pas tous vécu entre la Font de Mai et le Col d’Aubignane ? Non, bien sûr, mais ce lieu est un peu notre Hollywood provençal (surtout celui de Pagnol), ce ne sont que des décors construits spécialement pour le tournage en extérieur des films comme Regain et Angèle. (source : notre historien Christian D.)
En effet, nous sommes bien partis du Puits de Raimu pour atteindre le Garlaban en passant par le sentier des scolopendres, chemin relativement pentu qui nous fera prendre 160m de dénivelé en 800m, certain(e)s ont un peu tiré la langue, mais après, le plus dur était fait.
Heureusement que pour le moral, arrivés aux gravures du Garlaban, nous avons eu la surprise et le plaisir de rencontrer le graveur lui même, Louis Douard qui nous a longuement expliqué les outils et la méthode utilisés, les difficultés rencontrées, le temps passé… et surtout la raison de ces 120 gravures.
La raison principale, c’est pour conserver la tradition car ce sont les bergers (chevriers surtout) qui gravaient, pendant la surveillance des troupeaux, des dessins et des figures géométriques sur les rochers du Garlaban (vu ou à voir dans la vallon des Escaouprés à proximité de la source du chien).
Après avoir pu apprécier encore une fois toutes ces gravures, nous reprenons tranquillement notre montée jusqu’au col du Garlaban. Là, après avoir laissé les sacs à la garde de certains, nous gravissons la dernière pente pour atteindre en 1/4 d’heure le sommet, but ultime de notre sortie à 714m. Petite remarque, le pic du Garlaban n’est pas le plus haut sommet du massif du Garlaban, mais c’est le plus visible et le plus impressionnant. Le plus haut, c’est la butte des Pinsots à 731m, mais malheureusement peu visible des alentours.
La descente du sommet se fera par le même chemin, nous retrouvons les gardiens des sacs et nous pouvons nous restaurer tranquillement à l’abri du vent. Bien sur, mêmes agapes que d’habitude apéritifs et multiples desserts, je ne m’attarde pas dessus, je digère encore (ou presque).
A partir du col, nous prenons la direction du Pas Garrigue, seul passage un peu technique de la randonnée, qui nous emmène dans le vallon des Piches et le col Salis. Superbe sentier qui passe en balcon au dessus du vallon des Piches dans un 1er temps et ensuite au dessus du vallon de Passe-Temps avec la Baume du Plantier ou grotte de Manon (je préfère le nom de Manon, ca me rappelle mes lectures de jeune ado). Grotte où nous nous arrêtons un moment pour écouter notre historien « maison » nous conter la vie de Marcel Pagnol et qui confirmera que la maison des Bellons est bien celle des vacances du petit Marcel et pas seulement celle qui a servi au film (Na).
Très vite, nous retrouvons le col d’Aubignane où nous ferons un petit écart pour voir la Ferme d’Angèle (elle, construite pour le film) et passage à nouveau au puits de Raimu pour un retour vers le 21ème siècle et ses tensions.
Jolie randonnée (3G sans difficulté) dans le monde de Pagnol et des collines marseillaises que les 21 participants semblent avoir bien appréciées. Peut être un peu de parti pris pour ma part, mais j’adore le Garlaban et ses noms enchanteurs.
Michel C.
Photos : Jean Gabriel, Michel C.